La pratique artistique de Catherine Bodmer comprend des installations, des oeuvres in-situ et des photographies. La notion de transformation est au cœur de sa recherche, ainsi que l’observation des aspects banals et ordinaires de la vie, cherchant à leur donner une dimension supplémentaire. Dans ses installations et ses œuvres in-situ, elle s’intéresse surtout aux activités quotidiennes associées au nettoyage, celui du corps, celui de l’espace. Soulignant les valeurs ambivalentes de la propreté et de la pureté, elle questionne leurs effets sur l'arrangement de nos espaces physiques et mentaux, sur nos idéologies et utopies. Plus récemment, Catherine Bodmer a commencé à travailler avec les moyens de la photographie et le traitement numérique afin d’explorer l’espace de l’image et de l’imagination. Son attention s’est portée sur des lieux évoquant un sens d’ouverture et de speculation, mais aussi de précarité. Pour l’artiste, un lieu comme une image représente un agencement de variables, où rien ne reste vraiment stable. Comparable aux matériaux malléables dans ses installations, l’artiste conçoit les images comme une « matière » qui peut être transformée. La manipulation des pixels numériques, l’altération de certains éléments d’image, ainsi que les stratégies de multiplication et de variation d’un sujet se veulent au service d’une idée plus vaste, soulignant la vulnérabilité de notre existence face à une compréhension de plus en plus complexe et caleidoscopique de la réalité.